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Départ

Je suis sur le départ, j'ai fait mon baluchon, un vieux sac empli de souvenirs importants. Le sac n'est pas bien grand, mais ma vie y tient en intégralité. Elle se résume à peu de choses, bien qu'elle soit lourde à porter. J'y ai mis en premier un joli chausson rouge, pour un tout petit pied, non pas pour le chausser, bien sûr, mais parcourir avec lui les années d'un passé où sa couleur était encore vive. Il me suffit de le tenir dans ma paume pour voir surgir en hologrammes un vieux film tant aimé. Je peux le voir alors, lui, courir dans l'herbe humide et la boue de surface née d'une averse d'été, entendre ses jolis rires répondre à mes cris tendrement et faussement fâchés. Chercher à le

Je veux

Je veux marcher sur la banquise sans redouter le froid, arpenter le désert sans avoir peur de cuire. Je veux dîner à l'internationale, manger mon entrée au bord de l'atlantique, le plat de résistance en méditerranée et le dessert en plein milieu du pacifique. Je veux connaître du monde tous les moindres recoins, tous ceux où peuvent se loger les sourires d'enfants de toutes origines. Je veux respirer l'air pur des plus hauts sommets pour aller le souffler sur les villes les plus polluées. Je veux inverser les pôles, vivre la tête à l'envers pour voir le monde enfin marcher sur ses pieds et non plus sur la tête. Je veux chasser les arcs en ciel en chevauchant les nuages, je veux toucher du do

Auteur

Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais écrivain. J'te jure. Qu'est-ce que c'est con, les rêves, quand même. Dans ce rêve, j'écrivais tout le temps. Dès que j'avais une idée, je chopais un calepin et je prenais des notes. Et dès que j'en avais l'occasion, je me posais devant un ordinateur et je développais les idées notées. Faut pas être un peu con, pour faire ce genre de truc, sans déc? Tu sais, genre, oh, moi, j'ai de trop bonnes idées, faut surtout pas qu'elles se perdent, je dois les partager avec le monde. Connard nombriliste, ouais. Ouais, les auteurs, c'est de la merde. Moi, si j'étais auteur, putain mais j'aurais honte de sortir de chez moi. Ben eux non !!! Ils vont dans des salons fait

Enfer ou paradis

Un jour, je suis mort. Ou peut-être une nuit, chais pas trop. J'étais tranquille, accoudé au comptoir, en train de siroter un café imbuvable, hauts le coeur au bord des lèvres, quand ils sont arrivés. Ils m'ont pas prévenu, me sont tombés dessus comme l'automne sur les feuilles. J'avais la gueule qu'y fallait pas, celle qui déplaît car pas commune. Celle qui leur ressemblait pas. Ils m'ont martelé comme des forgerons, pour me former à leur image, un truc détruit et dégueulasse. Ils m'ont mixé la gueule à la semelle et retourné les molaires, m'ont fait valser les incisives et éclater les maxillaires. Ils m'ont savaté la croustille, malaxé les côtes et le pancréas, mélangé morceaux nobles et a

Fou d'elle

J'ai rencontré une fille, une fille que j'imagine être née juste pour moi. Je l'attendais, cette fille, sans même le savoir, je me souvenais d'elle avant de la connaître. Elle est éternelle, cette fille, elle est le jour qui meurt chaque soir pour renaître au matin. Elle est belle, cette fille, plus que le charme en automne et les neiges d'antan. Sa beauté m'a saisi comme le gel emprisonne les bourgeons et les feuilles. Elle vit, cette fille, aussi fort que le vent qui déracine les chênes et nous contraint à changer nos repères. Elle est intelligente, cette fille, comme le torrent qui fertilise la vallée et l'étoile qui guide le berger. Elle est forte, cette fille, elle est le gel qui fend l

Mon bel oiseau

J'ai profité de cette douceur étonnante pour me promener en forêt. Vêtements et coeur légers, soleil pour seules manches, je suis parti à la rencontre du renouveau en marche. Le printemps s'annonce déjà, réveil d'une vie foisonnante en sommeil programmé. Il a pavé les sentiers sous mes pas de myriades de fleurs et de jeunes pousses tendres, joyeux tapis coloré de bienvenue au monde. Une haie de mimosas poudrés d'un jaune d'or aveuglant m'a généreusement offert ses senteurs gourmandes et entêtantes, invitation au rêve et au bien être retrouvé. Puis, j'ai croisé sur ma route un oiseau merveilleux. D'un bleu profond, dans lequel se noieraient les cieux et les océans, il a capté mon regard, ench

Quand survient le dégel

Un monde inaccessible aux horizons fermés, une vie en jachère sans labour ni bocages, aride humanité désertée de partage, un quotidien sans but, sans projet ni échange, je n'étais plus un homme mais son seul souvenir, une statue de cire figée sur le passé. Enfermé dans le noir, dans mon sombre moulin, à moudre mes espoirs pour nourrir mon chagrin, à forger ma colère au rouge de ma haine, à serrer fort mes poings sur mes maux et mes peines, j'étais aveugle au monde et sourd à ses merveilles. Je ne te savais pas, j'ignorais tout de toi, jusqu'à ton existence, jusqu'à.. jusqu'à ce toi et moi, jusqu'à ce bel émoi. Et ton apparition, c'est mon retour sur terre, et ta révélation, mon émergence à l

Décervelé

J'ai passé un scanner, récemment. De drôles de maux de tête m'embêtaient méchamment depuis assez longtemps, et c'est donc peu rassuré que je me suis présenté à l'examen. Le mec m'accueille, fait ce qu'il a à faire en véritable pro. Puis, une fois la chose faite, je le vois rester figé devant son écran, une expression plus que perplexe sur le visage. Là c'est bon, tu peux commencer à flipper, mon vieux Cetro. Le mec se lève, sort de la pièce, puis revient accompagné d'une de ses collègues. Yeux effarés de la nouvelle venue, qui ressort à la course. Putain, c'est bon, quoi, qu'est-ce qu'ils ont ces cons? Sueurs froides, petit moment de panique contenue, et voilà la femme qui revient accompagné

J'aurais voulu être un auteur

J'aurais voulu être un auteur. Un mec qu'écrit des best sellers. Celui que tu lis et qui t'arrache le coeur, qui te fait faire l'ascenseur, te scotche au siège de stupeur, de rire ou bien de pleurs. J'aurais hypnotisé mes lecteurs comme un sournois, les aurais tenus par la main pour les mener tour à tour au paradis ou en enfer. Je leur dirais des mots gentils, puis des insultes bien senties, je leur caresserais la joue, puis leur foutrais un coup de poing. Je leur donnerais de l'espoir pour le leur reprendre la page suivante, je leur procurerais un bol d'air frais pour leur couper le souffle juste après. Je serais le pote que t'as toujours rêvé d'avoir, ou l'enfoiré que t'aurais peur de renc

Amour, glaire et botox

Faut pas croire, c'est pas parce qu'on vieillit qu'on ne peut plus aimer. Je dirais même qu'en dépit du temps qui commence à manquer, on est plus apte à s'attarder sur l'essentiel. On s'amourache à 80 berges comme à 20. La perte de mémoire serait même un avantage certain, chaque jour on aime comme au premier car on oublie le reste. Il en va de même pour le cul, le sexe, la gaudriole, le papa dans maman, appelez ça comme vous voudrez. Certes les chairs s'affaissent, mais la fesse nous reste chère. Pour les hommes, les raideurs se déplacent peu à peu, un genou qui se bloque ne vaut pas érection, et ils ne peuvent prétendre à rester al dente aussi longtemps qu'auparavant. Mais à coeur vaillan

Sur les sentiers du passé

Te souviens-tu de ce sentier de forêt, que nous empruntions toi et moi, pour marcher côte à côte, petit serpent de sable caché au fond des bois, hors de l'espace et du temps, qui nous mena tant de fois sur les traces du péché originel? Nous y allions respirer ensemble, nous aimer et restaurer notre vision du monde. Car en cet endroit, elle ne pouvait être que belle et positive. J'y suis retourné aujourd'hui, pour raviver l'espace d'une marche ces moments suspendus perdus à tout jamais. Je pourrais te dire que rien n'y a vraiment changé. L'automne y a déroulé un tapis craquant et sonore, fait de multiples rousseurs délicates et changeantes. Les feuilles et les brindilles, mortes de l'hiver q

Mon ami Bruno

Salut, bande de tarés. Quand j'étais môme, parmi mes camarades de classe de primaire, y avait un garçon super spécial. Bruno, il s'appelait. Tout le monde se foutait sévère de sa gueule, alors du coup, c'est moi qui en ai écopé. Je me suis toujours récolté les petits animaux blessés, les oisillons tombés du nid, tout au long de ma vie, et lui n'a pas fait exception. Petit animal fragile, rejeté par les siens. Je sais pas pourquoi ils venaient toujours vers moi, les éclopés de la vie. Putain j'ai quand même pas la gueule à mère Thérésa, je fais peur à tout le monde... sauf aux innocents et aux esprits légers. Pour te faire un topo, et te décrire le bonhomme, disons que je dois avouer que si t

J'ai été voir le proctologue

Putain, ça aura été rapide. En temps normal, quand tu veux prendre rendez vous chez un spécialiste, il te colle sur une liste d'attente, quand ça vient à ton tour, t'es déjà mort d'un autre mal. En même temps, vu la spécialité, j'aurais bien dû me douter que ça devait pas se bousculer au portillon. Je veux dire, se faire chahuter les cloisons intérieures avec une caméra pour figer tout ça, ça fait un peu trop penser à Valérie Damidot, t'as pas super envie de passer dans cette émission là. T'façons, j'ai pensé que s'il essayait de me maroufler la fricadelle, je remballerais tout et je demanderais à faire valoir mon droit à l'image. Mais j'aurais quand même dû me méfier davantage. Alors j'arri

Tu es là

Sais tu que je te vois dans ces nuages blancs, dans ce ciel bleu azur ou bien noir orageux, dans ce calme absolu ou bien dans ces tempêtes, dans les lacs, les étangs, et jusqu'à l'océan ? Tout ce que j'aime voir et trouve magnifique recèle à mes yeux un peu ou même beaucoup de toi. Tiens, dans ce bel arc en ciel, éclatant de couleurs, moi j'y vois ton sourire, que tu m'adresses parfois quand revient le beau temps. Je t'entends le matin dans le chant des oiseaux, cristallin et joyeux comme peut l'être ton rire. Les torrents de montagne, d'eau si claire et si fraîche, simulent ta présence et me parlent de toi, en empruntant ta voix, en imitant ta joie. Je t'écoute chanter au fil de ces ruiss

Un être de chiffon

Je suis une poupée de chiffon, un être fait de tissu et de coton, objet sans vie ni importance, de ceux que vous croisez au quotidien sans y prêter attention, auquel vos rêves ne rendent jamais hommage. Juste posé dans un recoin de vos mémoires où je vieillis et deviens terne, je n'ai ni coeur ni âme, ni chair ni ossature. Je ne crains ni les coups ni les colères, je souffre juste d'indifférence, bien plus que de maltraitance. J'ai rêvé parfois que j'étais une personne, qu'on m'accordait, plus que la vie, de l'importance, plus que la chair, des sentiments. Je voulais vivre dans les yeux de cette femme, habiter son esprit et y rester éternel, aimer et être aimé, histoire d'un pantin sans vale

Prom'nons nous dans les bois

Salut bande de dégénérés (ouais, faut quand même l'être sacrément pour venir lire ce que j'écris, ne niez pas, vous seriez pas crédibles). Je promenais ma chienne, tout à l'heure, dans les bois. Comme tous les jours, on a rencontré une de ses copines qui gambade toujours librement. Elles font route ensemble. J'ai l'impression qu'elles discutent, même si j'entrave pas une idée de ce qu'elles peuvent se dire. Ma chienne, elle s'appelle indiana. Elle, partout où on va, faut qu'elle visite les chiottes avec une copine. C'est une fille, quoi (là j'attends les réactions des dames qui me suivent, mais je vous avertis, la maison n'accepte plus les objets contondants dans la gueule). Sans blague, je

J'attends que l'amour vienne

Lorsque les ruines s'écroulent, lorsque les pierres tombent, rien ne dépasse plus, le monde semble à tout jamais cassé et détruit. Une vision d'hécatombe, plus rien ne tient debout, sans munitions ni bombe, je suis tombé à genoux. Profondément ancrées, enterrées et intactes, restent pourtant les fondations, solides et éternelles, sur lesquelles, parfois, on peut se reconstruire. Le bonheur est parti dans les bras de la belle, et a fini par s'éteindre dans le dernier souffle de l'enfant, qui en fermant les yeux m'a amputé de mon âme. Il souffle sur le désert de ma vie, depuis quelques années, un vent brûlant et sec, une tempête de sable, érodant l'espoir même, empêchant la reprise de toute gr

Super connard

Salut, moi c'est Batman. Ouais, je sais que c'est un nom à la con, tu crois quoi? Que j'ai choisi? T'es un marrant, toi. Mais les autres avaient tout pris. L'autre pauvre tâche de clark Kent, putain de super fayot celui là... moi je veux m'appeler superman, moi je veux m'appeler superman. Non mais le melon, l'autre. Je vais te dire, mon costume est à chier, m'enfin à côté du sien... je peux défiler tranquillou pour Lagerfeld, hein. Lui il met des slips rouges par dessus des pantalons bleus... Encore, je veux bien, un excentrique épris d'originalité vestimentaire, pourquoi pas. Mais tout le monde trouve ça normal, putain !!! Genre, oh, voilà superman, il est génial, c'est le me

Indifférence

Allongé sur le sol, sur un trottoir passant, personne ne le calcule, ni même ne le regarde. Les gens passent et s'en foutent, et parmi eux, sans doute, certains de ceux qui sur les réseaux sociaux ont affiché "je suis", ou affirmé qu'il fallait aider les SDF français lorsqu'on leur parlait de "migrants", compassion virtuelle et de circonstance qui ne survit pas au réel. Je suis... indifférent Il n'est rien, même pas un chien pour lequel les compassions se manifesteraient davantage. Il dort par terre, pourrait aussi bien être mort, et ne tardera pas à l'être, aucune différence, on ne le voit pas. Je suis... insensible. Notre cerveau est lavé, conditionné à rejeter la misère et les miséreux

L'âne

J'ai rencontré un âne, un âne fait de tissu, de plastique et de mousse. Il était tout sourire, la joie faite peluche. Je l'ai alors questionné sur les raisons de ce bien être. —Pourquoi souris-tu de la sorte, joli âne de peluche, que possèdes-tu donc qui te mette ainsi en joie? —Je ne possède rien, rien d'autre que ma pelisse. —Mais, je ne te comprends pas. Tu n'es pas un vrai âne, tu es né dans une usine. C'est même marqué là, sur une étiquette accrochée à ton cou (eh ouais, cetro est bien parti, lui aurait nommé une autre partie de cette anatomie). La vie ne s'est même pas penchée sur ton cas pour faire de toi un âne de chair et de sang. —Je suis ce que je suis, je suis né où je suis né. M

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