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Indifférence

10/02/2018

 

Allongé sur le sol, sur un trottoir passant, personne ne le calcule, ni même ne le regarde.

Les gens passent et s'en foutent, et parmi eux, sans doute, certains de ceux qui sur les réseaux sociaux ont affiché "je suis", ou affirmé qu'il fallait aider les SDF français lorsqu'on leur parlait de "migrants", compassion virtuelle et de circonstance qui ne survit pas au réel.
Je suis... indifférent

 

Il n'est rien, même pas un chien pour lequel les compassions se manifesteraient davantage.
Il dort par terre, pourrait aussi bien être mort, et ne tardera pas à l'être, aucune différence, on ne le voit pas.
Je suis... insensible.

 

Notre cerveau est lavé, conditionné à rejeter la misère et les miséreux, pointés comme les fautifs à tous nos problèmes, à coup de discours politiques culpabilisants et d'émissions qui ne vaudraient même pas la chasse que l'on tire, rue des allocs et autres indignités acceptées dans leur contenu nauséabond comme une vérité journalistique absolue.
Je suis... manipulé.

 

Pensée guidée et atrophiée, la lobotomie invasive n'a plus besoin d'instruments coupants et contondants, les ondes passent toutes les barrières sans mal visible mais font autant de dégâts. Elles pénètrent les foyers par les cheminées à l'heure du souper, pour emplir les têtes comme on s'emplit l'estomac de soupe industrielle, et ressortent par la grande porte, idées véhiculées largement acceptées et prêtes à être partagées comme on répand une gastro.
Je suis... donc je ne pense pas.

 

Les coeurs se refroidissent par ce biais aussi insidieusement que le froid gèle les pieds de ce SDF et demain tout son être.
Les gens à peine moins pauvres que lui sont formatés pour l'ignorer et s'indigner seulement si l'on s'en prend aux maîtres.

Jamais vous ne verrez à la télé rue des banquiers, rue des fraudeurs fiscaux, rue des paradis fiscaux, rue des réels assistés qui bâfrent les deniers publics par milliards d'euros.
Je suis... un mouton.

 

Il est plus facile de pointer du doigt et de filmer en particulier ce connard qu'on maintient dans sa merde pour quelques centaines d'euros qu'il boira salement que celui qui boit du champagne en levant le petit doigt, doigt d'honneur policé à tous ceux qu'il encule.
On ne montrera que ceux qui s'enfoncent et sombrent, ont abandonné la lutte, jamais ceux qui tiennent la tête droite et surnagent tant bien que mal, jamais non plus ceux qui oeuvrent dans l'ombre pour les maintenir dans ce désoeuvrement en détournant à leur profit les fond publics par millions et milliards.
Je suis... soumis.

 

On nous serine que 200 000 offres d'emplois non pourvues (souvent posées dans des conditions bien particulières qui expliquent en grosse partie qu'elles ne soient jamais pourvues) sont bien la preuve que les chômeurs sont d'ignobles fainéants assistés et profitant du système, et nous connards de base nous les croyons et répétons notre leçon de mouton prêt à être saigné.

On ne tique même pas quand à la suite on nous dit qu'il y a en France 3 millions de chômeurs (officiels, car les chiffres réels sont tout autres)... les maths, ça n'a jamais été notre fort.

On continue à croire que ces 200 000 offres inoccupées suffiraient à donner du travail à 3 millions de personnes si seulement elles s'en donnaient la peine, ces super faignasses de merde qui ne représentent plus que des dépenses... 
Je suis... un idiot.

 

Le faible doit disparaître dans la violence du discours et des faits, nié dans sa nature et son identité et redéfini en termes de coûts pour la société et de dangers potentiels.
Libre circulation des marchandises et des capitaux, humains entravés et parqués, jetés à la rue et roulés dans la fange, le tapis déroulé sous les pas de la finance est rouge du sang de ceux qu'on broie et qu'on écrase au nom de l'économie souveraine.

Cette économie reine qui soumet l'humain à ses règles, vampirise les populations à les laisser exsangues.

Inversion des valeurs, l'Homme n'est plus qu'une variable ajustable, consommable jetable et remplaçable, pour satisfaire les exigences d'une entité qui n'a aucune existence ni importance réelle, aucune valeur autre que celle de chiffres alignés sur du papier, mais qu'on voudrait nous voir adorer comme une divinité au point de nous sacrifier pour elle.
Pray for... economy.

 

Ce SDF sur lequel on s'essuie les godasses en est la preuve tout juste vivante, le signal d'alarme qui clignote en rouge depuis si longtemps qu'on ne le voit même plus, abandon total de ce qui est le socle de notre humanité au profit de... au profit tout court. 
Demain il sera mort, laissant libre un bout de pavé n'attendant que toi ou moi pour le remplacer.

Je suis... insignifiant.

 

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