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J'étais en dédicaces

07/02/2018

 

Si un jour vous me croisez en dédicaces, vous saurez que ça se passe pas toujours super bien.
C'était ma toute première, et l'une des seules que j'ai effectuées.
Je ne suis pas un fan de l'exercice, je dois avouer.

 

Chronique d'un succès annoncé.

L'heure du bilan est venue. Comme mes centaines de milliers de fans le savent, j'étais aujourd'hui en dédicace au centre culturel Leclerc de Lesparre, plaque tournante mondiale de la culture.

Commençons par la fin. Lorsque, larme à l'oeil et morve au nez, je me dirigeais vers la sortie, cette chère Martine m'intercepta pour s'enquérir des chiffres astronomiques atteints en une simple journée. 
Soucieux de ménager ma modestie naturelle, ainsi que d'éviter la jalousie et les complots visant à me délester de mes immenses biens (vous savez comment sont les pauvres, hein), j'éludai bien sûr la question. Et puis, pour être tout à fait honnête avec vous, je maîtrise moi même assez mal les puissances d'exposants 10.

Soit. Revoyons nos ambitions comptables à la baisse pour la prochaine fois, jamais plus nous n'atteindrons la stratosphère ici tutoyée.

Je me levai donc ce matin à 4h30, avec pour ambition affichée d'échauffer mon poignet qui serait, à n'en pas douter, surexposé à l'effort toute la journée durant. Je vous ferai grâce des détails et de la nature de cet entraînement spécifique à cette partie hautement sollicitée de mon anatomie.

10h00, fin prêt, je me dirige comme un seul homme (même si certaines mauvaises langues diront bien volontiers que j'en ferais plutôt deux) vers ce haut lieu culturel.

Je suis accueilli à bras ouverts et poings fermés par Martine, qui me préconise gentiment de poser mon cul sur cette minuscule chaise destinée à accueillir mon majestueux prose et de surtout bien fermer ma gueule.

Devant tant de bienveillance affichée, je ne puis que m'incliner. Je m'assois donc, débordant d'espoir... et de ma chaise.

L'attente commence ainsi. Je ne dirais pas qu'elle fut fructueuse, tout au moins fut-elle... patiente.

Lorsqu'enfin, n'ayant plus qu'un ongle intact une dame ayant certainement dépassé la date limite de consommation s'aventure sur les terres de mon imagination, je sors ma plus belle plume, prêt à l'éblouir de ma plus belle prose.

Elle se penche vers moi, mamelle posée sur la table, me gratifiant de tout l'éclat de sa dent, et me glisse chaleureusement (sensuellement oserais-je dire... la gourgandine avait su garder au fil des années la totalité de ses atouts féminins, même s'ils avaient, certes, outrancièrement subi les effets de la gravité ) à l'oreille un "casse toi pauv'con" empreint d'une certaine animosité et emprunté à l'autre agité du plafond.

Madame, je ne vous permets pas, le vouvoiement est de rigueur, nous n'avons pas glandulé les bastancouilles ensemble, que je susse. 
A ce dernier mot, ma mie (et non mamie... je ne me permettrais pas) me fait comprendre avec une volonté farouche que ma présence l'importune, à grands renforts de "enculé, petite pédale, ta race, ta mère en tongs au prisunic de la bourboule, et autre amabilités visant à flatter mon égo (liste non exhaustive).

Alors voyez vous, la coquine avait certes la dent dure... pas assez cependant pour résister à ma détermination à lui faire comprendre mon point de vue. J'entreprends, à l'aide d'une encyclopédie médico dentaire judicieusement placée derrière moi (je soupçonne Martine d'avoir prémédité ce coup-là) de lui exprimer tout mon désaccord en lui vrillant les mandibules par le poids du savoir.

J'insiste bien sur les gencives, de bas en haut, c'est marqué page 512. A noter que pour le coup, la voici ramenée à l'ordre des édentés, à l'instar de ses cousins pangolins.

Mâchoire pétée et plancher orbital fracassé, mamie (ah ben si, j'ose) repart, moral et nichons en berne.

Et moi de reprendre mon attente.

Pour ne surtout pas risquer le dédicace-elbow, je décide en accord avec moi-même de m'octroyer une pause.
J'ai alors tout loisir d'observer les allées et venues de la clientèle littéraire de ce magasin.

Force m'est de constater une fois de plus, que ces dames lisent beaucoup, beaucoup plus que ces,messieurs.
Oui, mais que lisent-elles donc le plus?

Presque face à ma table, c'est un va-et-vient (le terme peut paraître choisi pour la suite, mais il n'en est rien, je ne suis pas ainsi) constant. Un rayon littéraire en particulier attire cette gent féminine avide de s'instruire.

Quelle peut donc être la teneur de ces ouvrages qui semblent mettre en émoi ces hordes en jupons?

Il me faut enquêter. Je me déplace donc de quelques pas. Et, oh stupeur, ce rayon est celui de la littérature érotique ( même si pour être très très honnête, je doute de la véracité d'au moins l'un de ces deux termes).

Ah je vois, c'est donc ça, ces dames s'encanaillent pendant que moi, je me débats avec les invendus (pardon mamie).

Il me faut percer le secret de ces livres, je n'ose dire ouvrages, qui semblent fasciner les femmes dans leur immense majorité.
Qu'y a-t-il donc dans ces romans qui ne figure point dans mes romans jeunesse... bon, en l'énonçant, un début de réponse me taraude. Mais quand même, ça ne peut être QUE ça? Pas vous, mesdames, vous ne devenez pas ce que vous nous reprochiez si ardemment d'être???

Je pioche donc au hasard 4 ou 5 bouquins de ce rayon, et entreprends d'en consulter le 4eme de couverture.
L'espace d'un instant, je crains m'être fourvoyé dans le choix des livres, il me semble lire un seul et même résumé, un unique "pitch". Chaque fois que j'entame la lecture de l'un d'eux, la musique de "amour, gloire et beauté" vient me vriller les tympans. D'où me vient cette nausée.

Je retourne les livres pour en voir le titre, eh bien non, je ne me suis pas trompé, ce sont bien des livres distincts... mais vraiment pas différents.

C'est amusant comme dans ce type de litt... litté... littér... bon merde j'arrive pas à le dire. Quoi qu'il en soit, dans ce genre de bouquins, les Anastasia, Sandy, Christian (surtout bien prononcer le "n" final, sinon c'est moins sexy) et steven semblent se partager à eux seuls les parts du gâteau. J'ignore, en pourcentage, ce que représentent ces prénoms sur la totalité de ceux qui existent dans la réalité... dans les romans érotiques, c'est du 100%.

Cunégonde et Marcel, allez bien vous faire foutre, vous n'aurez pas droit à vos instants de gloire lubrique.

Il existe d'autres constantes: l'héroïne est toujours un peu perdue, au début. Elle sait pas trop où elle en est de sa vie. Jusqu'à ce que bien sûr, elle rencontre son steven ou son christian. Autre chose à préciser, ces derniers sont forcément milliardaires. Oui oui, milliardaires, ça marche mieux on dirait, les simples millionnaires n'ont pas droit au chapitre.

Mais c'est quoi ce bordel, nomdidju? Est-ce à dire que ces garces de anastasia et sandy auraient un penchant avoué pour les grosses...fortunes???

Et vous, mesdames que cela émoustille, nous avoueriez vous votre vénalité naurelle? Allons, soyons sérieux.

Certes, je comprends aisément que le beau Christian milliardaire en magnifique costar 3 pièces vous fasse plus fantasmer que Jacquot le clodo tout de taches et de vomi vêtu.

Alors soit, continuons donc, osons lire quelques pages... je veux comprendre moi. Puis si au passage, je peux en choper une mi-molle, ben allons y gaiement.

Je lis quelques pages, vite fait... oui, c'est un peu l'avantage, ça se lit vite fait, c'est quand même déjà bien digéré.
Puis on arrive au premier passage, celui qui nous a fait prendre ce livre là quoi, avouons le, celui où Christian en veut pour son argent, et dieu sait si en la matière, il a de quoi faire. Christian a une grosse verVe, et il compte bien s'en servir.

Il attrape donc son anastasia ou sa sandy dans toutes les positions, ils s'engluent mutuellement de leurs sécrétions intimes...tous deux beuglèrent bien, et eurent de nombreux orgasmes... fin vous voyez quoi. Gros pugilat sexuel.

Alors, pour ceux qui seraient inquiets de voir apparaître si tôt pareilles démonstrations de force, rassurez vous de suite. L'auteur aura pris un soin tout particulier à vous y préparer, en commettant un carnage littéraire dès la première phrase. En la matière, la boucherie continue tout du long, inlassablement.

J'avoue qu'aucune scène ne m'a fait palpiter le caleçon, mon intimité est restée coite, aucun signe de vie, électro-phallusogramme plat. Je me souviens d'avoir été plus excité en regardant le club Dorothée, pour dire.

Sur ce, en conclusion, une chose est certaine, vous ne m'aurez plus centre culturel Leclerc et perfide Martine. La prochaine fois, j'installe ma table en plein milieu du rayon litté... littér ... eh merde, érotique. 
Ces dames devront me passer dessus
pour accéder à leur st graal. Elles n'y trouveront aucun plaisir, mais au moins pour moi, ce sera agréable... juste pour faire chier ces enculés de milliardaires Christian et Steven.

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